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  Normandie Connexion
Broché, 12 x 18, 192 pages
Prix : 10 euros
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Conditions de vente :   Pour vous procurer le livre de Marie-France Comte, envoyer aux Éditions de l'Ornal, 35, rue Saint-Blaise - 61000 Alençon, un chèque de 10 euros et 3 timbres poste.

Liste des noms de lieux cités dans le roman...

Régions :
   Haute et Basse-Normandie, Touraine.

Départements :
   Calvados - Manche - Mayenne - Orne - Sarthe.

Pays :
   Pays d’Auge - Pays de Pail - Domfrontais - Forêt des Andaines - L’Avranchain - Le Perche - Vallée de l’Orne - Vallée de la Vie.

Communes du Calvados :
   Deauville - Lisieux - Trouville.

Communes de la Manche :
   Avranches - Barenton.

Communes de l’Orne et lieux-dits :
   Alençon - Almenèche - Argentan - Bagnoles-de-l’Orne - Bourg-Saint-Léonard - Domfront - Étrigé - Geneslay - La Cochère - La Saucerre - Médavy - Messei - Perrou - Saint-Céneri - Saint-Fraimbault - Saint-Mars-d’Égrenne Saint-Roch-sur-Égrenne - Sept-Forges - Vimoutiers.

Autres communes :
   Elbeuf - Évreux - Le Havre - Le Mans - Rouen - New-York La Nouvelle-Orléans.

John, journaliste, travaille pour un magazine new-yorkais. Il planche sur un article consacré aux alcools dans le monde, et compte sur “la Frenchie”, une amie installée en Normandie, pour se documenter. Par ignorance, il assimile le calvados à un whisky français et établit un rapprochement entre la prohibition et le commerce illicite de la goutte.

Bien malgré elle, la Frenchie s’engage dans une enquête qui la mènera, de surprise en surprise, au coeur de la filière normande. Elle réalise que ce terroir, qu’elle croyait connaître, recèle de lourds secrets et protège une économie souterraine qui défie l’État et brasse des millions contre des litres d’un alcool dénaturé. Elle sympathise avec les héros, des hommes que tout oppose.

L’un, Louis Savignard, fonctionnaire exemplaire, s’est appliqué à faire respecter la loi ; l’autre Louis Giroud, a passé sa vie à la contourner, moins par goût du gain que pour donner un piquant à sa vie. Une galerie de portraits, d’hommes authentiques, au caractère bien trempé, qui se livrent à une partie de cache-cache, de gendarmes-voleurs, bien réelle.

C’est dans le Domfrontais, mais aussi dans les territoires proches de la Manche, du Calvados et de la Mayenne, que la filière normande trouve ses racines, loin “des planches” deauvillaises, dans le bocage, où l’on cultive la discrétion, où l’on prend prétexte du vent pour s’abriter derrière les haies, alors qu’on veut simplement échapper aux regards de ses voisins.

Extraits...

Quelle étrange journée !

Rien ne s’était déroulé comme je l’avais imaginé.

Un courrier avait fait resurgir des souvenirs qui dataient de quelques années.

Une rencontre, à la Nouvelle-Orléans, bien avant que le cyclone ait dévasté la ville, un croisement fortuit, dont on sait qu’il ne durera que le temps d’un feu de paille.

John, mélomane averti, qui m’avait permis de passer quelques bonnes soirées en un lieu pittoresque et sacré, loin de Bourbon Street et des clubs de jazz destinés aux touristes, m’écrivait.

Je délaissais provisoirement les quelques lignes griffonnées. J’étais déconcentrée. Ma mémoire m’éloignait du temps présent et de ma demeure, bien malgré moi. J’entrevoyais la configuration du lieu évoqué, comme si je venais de le quitter. Un vieux garage en activité le jour, temple de jam-session la nuit, peuplé par une bande de privilégiés cosmopolites qui s’entassaient sur des banquettes d’automobiles de récupération, qu’on étalait entre les établis et autres pièces d’outillage.

Je percevais les accords du piano, débarrassé de sa bâche de protection, ceux de la guitare, de la contrebasse, du saxo, les tempos de la batterie. Je vibrais aux improvisations du trompettiste, le kid, le chef de la bande, aux soixante-dix ans bien tassés, au solo un rien poussif, mais tellement présent.

Je nous revoyais, en quête de racines, aux anges, écoutant avec délectation, encourageant par nos applaudissements généreux ces musiciens, hors du temps, qui ne connaîtraient sans doute jamais la gloire médiatique, mais continuaient à swinguer comme tous les soirs de leur vie, rien que pour le bonheur, le leur, le nôtre, objectif dérisoire, décalé, incongru, inapproprié, dans ce monde mercantile.

Plus besoin de quête du bonheur, ils l’avaient trouvé, sans bouger, sans s’agiter, sans turpitude, là, chez eux. L’authenticité, cette chose rare, ils nous l’offraient. C’était un cadeau inestimable et nous le ressentions comme tel.

Après cette courte évasion la réalité reprit le dessus.


Au fait, John, que me voulait-il ?

Je déchiffrai son message, concis, clair, direct, mais énigmatique. Prendre contact, au plus vite, par mail, telle était sa requête.

Nos premiers échanges par internet furent courts, un jeu de questions-réponses. John m’apprit qu’il travaillait à la rédaction d’un magazine new-yorkais, branché (évidemment), un mélange comme eux seuls savent le faire, mi-art de vivre, mi-investigation. Ce dernier point fut l’objet d’une polémique entre nous, plus tard, surtout quand j’eus la confirmation de mon rôle. Nous finîmes par nous entendre sur les mots. Il fallait plutôt se référer à un reportage hors des sentiers battus que pure investigation.

Comme je protestai en découvrant ses intentions, il tenta de m’amadouer en affirmant qu’il écrirait lui-même, en fonction des éléments que je lui transmettrais. Ni journaliste, encore moins policière, ma collaboration entrerait plutôt dans la catégorie documentaliste.

Pour la fin de l’année, la rédaction de son magazine préparait une série de reportages sur les alcools dans le monde. Il voulait des informations sur le whisky normand.

Peu au fait des consommations d’alcool, il ne pouvait tomber plus mal en s'adressant à moi ; je lui fis part de mon étonnement.

Le whisky normand ? Je ne connais pas !

Bien sûr que si, me rétorqua-t-il. C’est toi qui m’en as parlé.

Il me fallut un moment pour transposer : ah, oui, le calva, le calvados !...

Je lui proposai de me laisser quelques jours pour des recherches et de lui communiquer les coordonnées d’un spécialiste. Il protesta. La fabrication, la qualité, on connaît plus ou moins, ce qui nous intéresse, c’est la prohibition, on veut faire un parallèle entre la France et l’Amérique.

Rien que ça !

À la lecture de son courriel, je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. Ma réponse fut rapide : «pure légende, rien à voir avec ce que vous avez connu… un peu de trafic, ici ou là, pour échapper aux taxes je suppose… et encore, j’écris ça pour l’avoir entendu dire autour de moi… de ma vie je n’ai jamais acheté une bouteille en dehors du circuit commercial normal… des histoires locales… pas de quoi fouetter un chat !

- Je ne comprends pas… pas de quoi…fouetter...
- Une expression française… traduction… rien d’intéressant !

Il ne me lâcha pas pour autant.

Ma cause était perdue d’avance. Plus je m’acharnais à lui démontrer le peu d’intérêt du sujet, plus il me rétorquait que j’affirmais sans savoir.

Au fond il n’avait pas tout à fait tort.

Piquée au vif, c’est bien malgré moi, que je me lançai, selon ses propres termes, sur la trace de la Normandie connexion....

 

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