Gérard Saint

ou l'espoir anéanti

Gloire et mort d'un champion populaire

Préface de Jean Bobet                            Postface de Michel Onfray

Jacky Desquesnes

Né à Argentan, Gérard Saint fut une des grandes figures du peloton de la fin des années cinquante. Il se révéla dans le Maillot des Jeunes organisé par Paris-Normandie puis dans la Route de France 1955 avant de rejoindre l'équipe Saint-Raphaël-Geminiani. Rouleur puissant et stylé, grimpeur d'une efficacité surprenante pour sa taille, attaquant téméraire, il conquit l'estime du grand public en animant le Tour de France 1959, au cours duquel il remporta le Prix de la combativité. Au début de l'année 1960, il portait donc une grande partie des espoirs nationaux pour le Tour futur.

Son parcours d'exception (il avait commencé à gagner sa vie comme ouvrier agricole) lui valut de nombreux soutiens à une période où la France se reconstruisait en prônant l'égalité des chances et la mobilité sociale.

Sa mort, à vingt-quatre ans, dans un accident d'automobile causa un véritable traumatisme dans le monde du cyclisme. Elle fut vécue comme une irréparable injustice, hantant encore ceux qui se souviennent d'un jeune héros rayonnant de force et d'élégance, endurant à la douleur, incarnant l'espérance des démunis.

 

 

Janvier 2010

192 pages - 12 x 18 cm

16 pages de photos

12,50 £  ttc

ISBN 978-2-9531812-7-2

 

 

 

Agrégé d'histoire, ancien               
Inspecteur pédagogique régional
dans l’académie de Caen,
Jacky Desquesnes

a entrepris, dès les années quatre-vingts,
des travaux de recherche
sur la naissance et le développement
du phénomène sportif.
Mais c'est dans l'enfance qu'il reçut
de son père la passion pour le vélo
qui, malgré toutes les vicissitudes,
continue à l'habiter.

 

 

 

Préface - Introduction - Postface

Préface de Jean Bobet

L'exercice est périlleux qui consiste à écrire la préface d'un livre qui raconte la préface d'une carrière. C'est en quelque sorte esquisser le souvenir de quelqu'un qui n'a pas encore été. Gérard Saint entamait tout juste le premier chapitre de son œuvre lorsqu'il fut attrapé par la mort dans sa vingt-cinquième année. Trop jeune pour avoir un statut de véritable champion et se prévaloir d'un solide palmarès, il laisse un demi-siècle plus tard une trace qu'on a du mal à expliquer. C'est le mérite du livre minutieux de Jacky Desquesnes de nous fournir les clés du mystère.
Il pose questions, Gérard. Et d'abord celle de son singulier patronyme. Il était condamné à vivre sur son prénom parce qu'on n’imaginait pas la foule scander « Vas-y Saint » ou « Allez Saint » sur son passage. Autre question, celle de l'année de sa naissance. Il est né entre Anquetil, son aîné d'un an, et Poulidor, son cadet d'autant. Avec lui au milieu, le fameux duel Anquetil-Poulidor aurait-il connu le même déroulement ? Dernière interrogation : à vingt ans, pour une fois chanceux, il s'est pointé à la sortie de la crise économique du monde du vélo. Aux petits sous des marques de cycles Stella, La Perle, ou Arliguie, se sont substitués les gros budgets de la chicorée Leroux, de l'épicerie Potin ou de l'apéritif Saint-Raphaël. Quelle aurait été sa place dans ce monde de nouvelle opulence ?
Grande assurément, autant que sa taille qui faisait débat. Avec son mètre quatre-vingt-douze, Gérard rompait avec les dynasties des petits (Robic, Lazaridès) qui n'avaient pas peur des grands. Il assumait sa hauteur avec naturel. A vélo, il déployait un style impeccable où rien ne bougeait même dans l'effort le plus violent. Je garde l'image d'un pédaleur gracieux qui posait les mains sur son guidon comme un pianiste sur son clavier. A pied, il était un garçon stylé. Ni taiseux ni braillard, il faisait entendre sa voix, parfois haut perchée (héritage du cours Simon ?) avec plus de discrétion que d'arrogance même s'il croyait en ses moyens qu'il savait au-dessus de la moyenne.
Au demeurant, nul ne connaissait ses limites mais c'est sans importance parce que, à l'instar des véritables champions, il savait aller au-delà. Le mot qui accompagnait Gérard Saint dans les pelotons, où l'on sait de quoi on parle, était celui de l'adoubement suprême. Ce mot ?
La classe.

 

 

Introduction de l'auteur

Certaines histoires exigent d'être racontées en commençant par la fin sous peine de perdre sens. Inutile, en effet, de ménager le moindre suspense quand chacun connaît le dénouement tant ce dernier a frappé les esprits. Ainsi, l'accident d'automobile qui a causé la mort du jeune champion cycliste Gérard Saint constitue, pour nombre de personnes, le seul élément biographique connu. Pour ma part, avant d'entreprendre les recherches qui ont nourri cet ouvrage, je ne conservais de lui qu'une seule image, le représentant debout, de face, s’expliquant sur sa performance lors d’un contre-la-montre. Photographie floutée d’incertitudes : Miroir-Sprint ou Miroir des Sports ? Maillot de marque ou maillot de l’équipe de l’Ouest-Sud-Ouest ? Publication de couleur verte ou bistre ? Et, surtout, quelle course ? Je croyais me rappeler que le cliché figurait dans le coin en haut à droite de la page. Je savais simplement que Gérard Saint venait de bien se classer, mais qu’il n’avait pas gagné. Il disait, geste à l’appui, qu’il « avait trop petit ». Ses grandes mains déployées, il mimait le mouvement de pédalage. Qu’y ai-je vu, du haut de mes dix ans ? J'y ai lu une expression de déception, certes, mais pourquoi l'avoir fixée en mémoire ? Pour des raisons de fond ? Par exemple, l'étonnement devant  l'incroyable puissance d'un coureur capable de pousser un braquet encore plus grand ? Pour une raison de forme telle que la parfaite correspondance entre le message écrit et son illustration ? Je ne trouverai jamais réponse à ces questions.
Je ne pourrai donc pas comprendre pourquoi j'ai oublié toutes les autres photographies de ce coureur, souvent représenté dans les magazines sportifs dont j'étais un lecteur assidu. Mais je l’aurais reconnu entre cent mille. Je ne garde pas non plus mémoire du moment où j'ai appris sa mort, ni du moyen par lequel je reçus l'information. J'en ai cependant retenu les circonstances et connaissais la marque et le modèle de l'automobile à l'intérieur de laquelle son grand corps s'est brisé. Mais impossible d'évoquer un palmarès précis. La fin brutale de l'histoire a fait écran à l'histoire elle-même, et nul livre pour y remédier.
Quand elle ne masque pas l'ensemble du récit, une telle fin le conditionne. En écrivant l'itinéraire d'un champion disparu en pleine jeunesse, on bute souvent sur le tragique. A chaque succès rencontré, on mesure la perte future. Toutefois, le présent ouvrage n'entend pas céder au regret ou à la nostalgie. Il vise à répondre à une question simple : « Qui était Gérard Saint ? ». Paraissant cinquante ans après sa mort, il pourra se lire comme un hommage, car certains passionnés de cyclisme lui manifestent encore de l'attachement. Quelques passages expriment d'ailleurs une empathie pleinement assumée par l'auteur. Mais le projet se veut un peu plus ambitieux.
Écrire l'histoire de Gérard Saint exige d'abord de reconstituer son itinéraire sportif, sa carrière, en reparcourant son palmarès. Cela suppose aussi de le situer dans son temps. Pour dessiner le portrait d'un coureur, on ne peut se dispenser de retrouver la composition du peloton d'alors, ou les conditions de l'exercice du métier propres à son époque. Une telle plongée dans le passé n'apporte toutefois qu'une réponse partielle, car un champion est un personnage public, soumis aux aléas de la popularité. Il offre, en effet, par l'intermédiaire de la presse, une figure dont s'empare l'esprit ou le cœur de chacun, provoquant intérêt ou désintérêt, adhésion ou rejet. La question « Qui était Gérard Saint ? » doit donc se poser aussi de la manière suivante : « Qui était Gérard Saint pour les journalistes et les spectateurs du moment ? ». Enfin, sa précoce disparition donne au sujet une dimension posthume. Les circonstances de sa mort, les réactions qu'elle a suscitées, les cérémonies organisées et la mémoire instituée ont en effet révélé avec une force accrue la place qu'il occupait dans les imaginaires. Mais, l'oubli ayant peu à peu gagné, cet ouvrage ne pouvait se clore sans tenter d'en éclairer les raisons.

 

Épilogue

Le souvenir à l'épreuve

Au hasard de la recherche, j'ai retrouvé la photographie évoquée dans l'introduction. Elle se situe à la page 21 du résumé du Tour 1959 supplément au numéro 685 de Miroir-Sprint. Couleur ni verte ni bistre, mais grise. Gérard Saint y porte le maillot de l'Ouest-Sud-Ouest et s'explique sur sa course dans l'étape Blain-Nantes. Elle se situe bien dans la partie droite de la page, mais au milieu, pas dans le coin supérieur. A y regarder de plus près, il n'est pas sûr qu'il fasse un geste évoquant le pédalage, mais cela y ressemble beaucoup. De vrais manques de précision, donc, dans mon souvenir. Mais pas de faute de sens : le coureur explique bien, après un contre-la-montre dans lequel il a obtenu une place fort honorable, qu'il disposait d'un braquet un peu trop petit. Un témoignage peut présenter des inexactitudes ou des fragilités quand on le met à l'épreuve d'un questionnement très détaillé, sans se tromper sur le fond. La critique historique ne doit pas se confondre avec un procès pénal à l'américaine.



Postface de Michel Onfray

Une victoire d’étape offerte au père

A la mémoire de Sandrine et Marcel,
de Jeannette et Roger

Toute biographie est une autobiographie et le livre de Jacky Desquesnes n’échappe évidemment pas à la règle… Avec cet ouvrage qui allie l’information la plus précise, l’érudition inédite, le style efficace, clair et net, la narration et la construction  romanesque, alors que nous évoluons dans le plus exact travail de l’historien, l’auteur nous offre un portrait – un autoportrait donc – qui ravira les Argentanais qui connaissent le nom de Gérard Saint mais ignorent quelle vie brève se cache derrière ce patronyme. Elle plaira aussi, j’en suis sûr, à tous les amateurs de cyclisme qui disposent désormais d’une biographie d’un genre nouveau. Lequel ?
Jacky Desquesnes est historien de formation, agrégé pour être précis, et cycliste, mais pas cycliste à la petite semaine car notre homme sait ce que signifie grimper le Ventoux ! Donc : un théoricien et un praticien. De ces deux qualités, l’une fait souvent défaut dans un même individu, et l’on doit souvent choisir entre des cerveaux sans jambes et des jambes sans cerveaux : les premiers abondent dans la corporation des historiens, les seconds ne manquent pas dans l’activité cyclopédique… Les uns conceptualisent la bicyclette et dissertent sur l’idée de vélo, les autres appuient sur les pédales et descendent de leur engin seulement quand l’entraîneur leur en donne la permission. J’exagère, je sais, mais, bon…
Voilà donc la biographie autorisée de Gérard Saint si je puis me permettre l’expression : autorisée par la double compétence d’un homme sachant de quoi il parle. La préface de Jean Bobet, homme de l’art s’il en est, homme de plume qui brosse dans son texte d’ouverture un beau portrait dans l’esprit de La Bruyère,  homme de mollet et de matière grise lui aussi, témoigne qu’avec ce livre, Jacky Desquesnes a mis dans le mille. Précision utile : la postface que je rédige procède d’un cerveau dépourvu de jambes – le mien… Voilà la raison de ma présence en queue de peloton, donc de cette postface...
Portrait en forme d’autoportrait disais-je. Jacky Desquesnes est pudique, il est mon ami depuis l’âge de mes dix-neuf ans. A cette époque,  je n’étais rien. Marie-Noëlle, sa femme, et lui, m’ont tout donné en me demandant d’être alors le parrain de Roland, leur fils aîné que ma compagne et moi aimons d’un amour familial. Je tairai donc le détail qui nous a conduits de cette époque ancienne, 1979, au jour de parution de ce livre, 2010, via autant de Noëls passés ensemble - une trentaine donc -, de bonheurs et de peines partagés…
Mais je voudrais dire seulement ceci : Jacky fut fils de pauvre, comme Gérard Saint, et si l’on me permet d’ajouter : comme moi. Ce qui constitue une autre famille, silencieuse elle aussi. La biographie qu’il nous offre ici pourrait bien être la biographie rêvée de ce jeune garçon ignorant qu’il deviendrait un jour inspecteur dans l’Education Nationale en Histoire et qui, pour accéder à l’âme d’un père taciturne qui suivait attentivement le Tour de France, a pu imaginer un temps devenir cycliste lui aussi…
Ce livre dira donc aux Argentanais, aux amateurs de cyclisme, aux amis de Gérard Saint, aux lecteurs curieux, aux sociologues du sport aussi, à quoi ressemble un homme fidèle à son enfance et aux promesses de ces années-là. Gérard Saint ou l’espoir anéanti  prouve qu’on peut faire œuvre d’historien, et comment !,  dans un livre impeccable, qui obéit à toutes les lois du genre universitaire, mais sans l’ennui qui accompagne si souvent les exercices institutionnels. Ce livre est une victoire d’étape offerte au Père.

 

Gérard Saint
notice biographique et palmarès simplifié

11 juillet 1935 : naissance à Argentan

Quitte l'école à quatorze ans et devient ouvrier agricole

13 février 1952 : signature de sa première licence de cyclisme à l'U.S. Trun
29 octobre 1952 : signature de sa seconde licence au V.S. Argentanais

saison 1953  
Premières victoires.
Accède à la 1ere catégorie des amateurs
1954
Vainqueur du Grand Prix du Cycle (des moins de vingt-et-un ans) à Caen
Vainqueur de la finale du contre-la-montre du maillot des jeunes de Paris-Normandie
Deuxième du Grand Prix de France (course contre-la-montre nationale réservée aux amateurs)
1955 :
Réformé à titre temporaire par le conseil de révision
Est sélectionné dans l'équipe de Normandie pour la Route de France (grande course par étape réservée aux amateurs) : vainqueur de deux étapes, il termine deuxième du classement général.
vainqueur du Grand Prix de France
1956
Intègre l'équipe professionnelle Saint-Raphaël-Geminiani
En mars : bat Guido Messina, champion du monde de poursuite dans la finale du « brassard poursuite » au vélodrome d'hiver.
Vainqueur de la septième étape du Tour de l'Ouest
Deuxième de Manche-Océan (course contre-la-montre)
1957
Vainqueur du Tour du Luxembourg (vainqueur de la troisième étape)
Vainqueur du Tour de l'Ariège
Victime d'une grave chute au Critérium du Dauphiné Libéré
25 septembre : épouse Nicolle Mercier, belle-fille de l'entraîneur de ses débuts, Henri Huet
1958
A nouveau réformé par le conseil de révision
11 juin :  naissance de sa fille Fabienne
Vainqueur du circuit de l'Aulne
Deuxième du Grand Prix des Nations (contre-la-montre)
Deuxième du Grand Prix de Lugano (contre-la-montre)
1959
Déclaré apte au service militaire
Vainqueur du Grand Prix Sigrand à Nice
Deuxième de Paris-Nice-Rome (vainqueur de Nice-Rome)

Première participation au Tour de France :
Vainqueur du Prix de la combativité
Deuxième du classement par points
Troisième du Grand Prix de la Montagne

Vainqueur du bol d'or des Monédières
Vainqueur de Manche-Océan
en novembre : appelé sous les drapeaux
1960
16 février : naissance de ses jumeaux, Véronique et Stéphane
16 mars : se tue au volant de son automobile à l'entrée du Mans.

 

 

La presse en parle

Ouest-France du 16 février 2010

Le coureur cycliste professionnel argentanais est décédé tragiquement il y a 50 ans. Pendant un mois, la médiathèque présente une rétrospective sur sa carrière. Un livre remarquable vient de paraître. Et un débat avec Jean Bobet aura lieu le 5 mars.

Gérard Saint
Né le 11 juillet 1935 à Argentan, Gérard Saint débute au VS Trun à 17 ans, puis au VC Argentan. Il grimpe rapidement les échelons régionaux, remportant notamment le Grand Prix de France en 1955. Ce qui lui vaut de passer professionnel en 1956 dans l’équipe Saint-Raphaël Géminiani. Vainqueur de quelques courses (Tour du Luxembourg 57), le longiligne ornais (1,92 m) éclate véritablement en 1959 en terminant 2e de Paris-Nice. Dans la foulée, il dispute le Tour de France, y remportant le titre de coureur le plus combatif, 2e du classement par points et 3e du classement des grimpeurs. D’abord réformé du service militaire puis déclaré apte, il est appelé sous les drapeaux en novembre 1959. En rejoignant son unité au Mans, Gérard Saint se tue au volant de son auto, au Mans, le 16 mars 1960. Un mois auparavant, il venait d’être père de jumeaux.

Le livre
Agrégé d’histoire, inspecteur pédagogique régional à Caen, Jacky Desquesnes est aussi un passionné de vélo, capable encore, la soixantaine passée, de gravir les pentes du Mont Ventoux. Il vient d’écrire un petit chef-d’œuvre sur la vie et la carrière de Gérard Saint, aux éditions de l’Ornal (12,50 €), préfacé par Jean Bobet, et une postface de Michel Onfray. “Sa disparition causa un véritable traumatisme dans l’histoire du cyclisme, rapporte l’auteur. Elle fut vécue comme une irréparable injustice, hantant encore ceux qui se souviennent d’un jeune héros rayonnant de force et d’élégance, endurant à la douleur, incarnant l’espérance des démunis.”

L’exposition
Employés à la médiathèque, Stéphane Ferrière et Benoît Quéron ont rassemblé documents, témoignages, coupures de presse et divers objets relatifs à Gérard Saint, grâce aussi à de nombreux prêts. “Le projet était de cristalliser un moment d’histoire collective, a souligné la directrice Nadine Pierre, lors de l’inauguration, samedi. Ce n’est pas qu’un hommage, c’est aussi un commencement, car nous allons archiver ces documents, pour les transmettre aux générations suivantes.” De nombreuses personnes ont spontanément appelé la médiathèque pour transmettre qui un témoignage, qui un objet. Très esthétique, chronologique, cette exposition ne s’adresse pas qu’aux spécialistes du cyclisme, c’est aussi un pan de l’histoire des années cinquante. Elle est ouverte jusqu’au 13 mars.

La conférence
Vendredi 5 mars, un dépôt de gerbe aura lieu à 18 h 30 devant la stèle dédiée au coureur, dans le stade qui porte son nom depuis un demi-siècle. A 20 h 30, une conférence est prévue à la médiathèque, avec Jacky Desquesnes, en présence de Jean Bobet, ancien cycliste professionnel, journaliste et écrivain.

La journée à vélo
L’office municipal des sports (OMS) et les clubs cyclistes locaux (UCPA, les Cyclo-randonneurs, l’Olympique, les VTT de Sarceaux et le Triathlon 61) organiseront des randonnées le dimanche 7 mars. “Il ne s’agit pas de courses, mais de randonnées”, insiste Pascal Laroche, de l’OMS.
François Boscher

 

L’Équpe Mag - 6 mars 2010

Le clou normand
Jacques Anquetil était plus âgé que lui d’un an. Poulidor plus jeune d’autant. Entre ces deux monstres, Gérard Saint possédait “la plus belle paire de bielles de la gent pédalante”. Il perdit la vie dans un accident de la route à l’âge de 24 ans, le 16 mars 1960. Il était temps que Jacky Desquesnes nous raconte l’histoire de ce coureur qui aimait l’attaque à outrance.

 

Dimanche Ouest-France - 7 mars 2010

Le souvenir de Gérard Saint a attiré la foule
Quatre cent cinquante personnes ont assisté, à Argentan, à la conférence de Jean Bobet sur le coureur cycliste disparu accidentellement il y a 50 ans.
Jean Bobet s’est dit “estomaqué”. Devant l’ancien cycliste, frère de Louison Bobet, écrivain et journaliste, une foule compacte et attentive se presse pour écouter ses souvenirs sur Gérard Saint, l’enfant du pays tué dans un accident de la route en mars 1960, à 24 ans, alors qu’il filait droit vers les sommets de la gloire. (...)
Auteur d’une récente biographie très détaillée sur le cycliste ornais, l’historien caennais Jacky Desquesnes prend le relais de Jean Bobet (82 ans) dans cette échappée vers le passé et tire des braquets de souvenirs : “Né entre Anquetil et Poulidor, Gérard Saint aurait pu bouleverser l’histoire du cyclisme. Avec lui, il y aurait eu une belle bagarre à trois.” Pouvait-il prétendre à remporter le Tour de France, lui qui avait remporté le Prix de la combativité (2e aux points, 3e grimpeur, 9e au général) lors de son unique participation en 1959 ? “Considérant que la plénitude d’un champion cycliste arrive vers 27-28 ans, oui, il avait ce qu’il fallait pour gagner le Tour ! “
Standing ovation
Dans le public, la veuve de Gérard Saint et deux de leurs trois enfants. Peu avant la conférence, ils sont allés se recueillir sur la stèle à l’entrée du stade d’Argentan qui porte le nom du cycliste. Ils écoutent Jean Bobet raconter les anecdotes dur Gérard Saint (...). “ C’était un homme et un coureur très élégant. Il avait cette chose indéfinissable qu’on appelle la classe.” Un peu plus tard, Nicolle, la veuve de Gérard Saint, dira combien elle a été “touchée par tout ce monde et ces hommages” qu’elle n’imaginait pas. “Ce soir, vous avez offert un tour d’honneur à Gérard Saint !”, conclut Jean Bobet, invitant le public à une standing ovation pour le champion trop tôt disparu.
François Boscher.

Paris-Camembert lui rendra hommage. La 71e édition de la classique ornaise, le mardi 13 avril 2010, verra pour la première fois, l’attribution du “Trophée Gérard-Saint”. La distinction sera dévolue au premier coureur passant en tête du Mur des Champeaux, qui se situe à 7 km du Renouard, commune d’enfance de Gérard Saint. L’Ornais a terminé 3e de Paris-Camembert en 1958 (4e en 1959).

 


Le Journal de l’Orne - jeudi 11 mars 2010

Gérard Saint : l’élégance d’un sportif
Le public a répondu présent à la conférence sur Gérard Saint... Ce fut une soirée très intéressante et instructive avec beaucoup d’anecdotes inédites soit par Jean BVobet qui les a vécus ou Jacky Desquesnes qui les a puisées dans les archives de l’INA ou de journaux...

235 participants pour la randonnée du souvenir
Le petit vent glacial de dimancghe matin n’a pas arrêté les 235 cyclistes inscrits aux randonnées organisées part l’Office municipal des sports dans le cadre des manifestations souvenir à Gérard Saint. Encadrés par les clubs locaux (CRA, VTT de Sarceaux, UCPA, l’Olympique et le triathlon), 65 randonneurs ont pris le départ pour 65 km avec un ravitaillement prévu à la mairie du Renouard. Trois autres départs se sont enchaînés pour des parcours en VTT variant de 18 à 38 km ainsi qu’une randonnée plus familiale d’une distance de 21 km.

 

Le Nouvel Observateur - 18 mars 2010

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Une vie de Saint

Il est mort comme James Dean, dans la tôle de sa voiture, et au même âge que lui. Le champion cycliste Gérard Saint est le James Dean du vélo, et il a souvent fasciné les écrivains : Antoine Blondin et Roland Barthes jadis, Michel Onfray aujourd’hui, qui a tenu à ajouter une postface, comme on rejoint un peloton d’amis, à l’élégante biographie que lui consacre l’historien Jacky Desquesnes. Fauché à la fleur de l’âge (et quelques semaines seulement après Camus, pour compléter le martyrologe), l’homme au nom canonique, Normand longiligne et surdoué que les dieux Coppi et Anquetil avaient désigné pour un des leurs, a laissé mieux qu’un palmarès : une légende. Elle n’enferme pas que des regrets mais aussi les parfums d’une époque disparue avec son idole : celle qui pédalait en pantalons de golf, un brin d’herbe entre les dents.
                                                                                     Jean-Louis ÉZINE

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