Normandie connexion

la filière normande    -    le trafic du calva                   roman

Marie-France Comte

Le livre que l'on a voulu interdire !

 

John, journaliste, travaille pour un magazine new-yorkais. Il planche sur un article consacré aux alcools dans le monde, et compte sur “la Frenchie”, une amie installée en Normandie, pour se documenter. Par ignorance, il assimile le calvados à un whisky français et établit un rapprochement entre la “prohibition” et le commerce illicite de la goutte. Bien malgré elle, “la Frenchie” s’engage dans une enquête qui la mènera, de surprise en surprise, au coeur de la filière normande. Elle réalise que ce terroir, qu’elle croyait connaître, recèle de lourds secrets et protège une économie souterraine qui défie l’État et brasse des millions contre des litres d’un alcool dénaturé. Elle sympathise avec les héros, des hommes que tout oppose. L’un, Louis Savignard, fonctionnaire exemplaire, s’est appliqué à faire respecter la loi ; l’autre Louis Giroud, a passé sa vie à la contourner, moins par goût du gain que pour donner un piquant à sa vie.
Une galerie de portraits, d’hommes authentiques, au caractère bien trempé, qui se livrent à une partie de cache-cache, de gendarmes-voleurs, bien réelle.
C’est dans le Domfrontais, mais aussi dans les territoires proches de la Manche, du Calvados et de la Mayenne, que la filière normande trouve ses racines, loin “des planches” deauvillaises, dans le bocage, où l’on cultive la discrétion, où l’on prend prétexte du vent pour s’abriter derrière les haies, alors qu’on veut simplement échapper aux regards de ses voisins.

 

Originaire de Touraine, Marie-France Comte s'est complètement imprégnée de ce "patrimoine culturel" des Ornais et d'autres département de l'Ouest, que fut le trafic du calva, la goutte. Normandy Connexion est son septième livre.

Elle écrit également du théâtre. 

Elle réside maintenant dans le Bassin d'Arcachon.

 

 

Cette photo a été prise lors d'un reportage de FR3 Normandie dans le bocage ornais au Gaec Breton

© PMG

 

Février 2009

192 pages - 12 x 18

10,00 €  ttc

ISBN 978-2-9531812-1-0

 

Un procès retentissant

 

Le James Bond du calva se rebiffe  

© France 3 Normandie (reportage du 9.07.2009)

"Jo-la-Goutte" échappait aux forces de l'ordre en utilisant des DS trafiquées
Figure du trafic d'alcool dans les années 70, Pierre Dubourg attaque un livre en justice
Pierre Dubourg est assurément un personnage digne d'un roman. Le petit homme au visage rond a vieilli, mais ses yeux pétillent toujours autant quand il évoque le bon vieux temps : celui où, au volant de ses DS trafiquées, il semait la police pour livrer du calva normand en région parisienne.
Entre 1964 et 1987, le James Bond de la goutte aura été condamné quinze fois. Plaques minéralogiques tournantes, diffuseurs de fumée, projection d’huile et de clous : autant de gadgets qu’il utilisait alors pour échapper aux forces de l’ordre, et qui l’ont fait entrer dans la légende.
Plus de vingt ans après ses dernières cavalcades, il sort de sa réserve pour s’insurger contre la sortie d’un livre. Dans le roman « Normandie Connexion : La filière Normande », Marie-France Comte décrit les activités d’un certain « Ducourt », un trafiquant de calva « à la réputation de caïd ».
L’ancien trafiquant – qui se décrit lui-même comme un « Robin des Bois » - se dit « choqué » par la façon dont son double romanesque est dépeint. A l’image d’un personnage présenté comme « violent et dangereux" (dixit son avocat), Pierre Dubourg oppose celle d’un jeune homme amoureux qui avait besoin d’argent pour retrouver une femme. Il demande réparation pour « atteinte à la vie privée » et le retrait immédiat du livre, sorti le 17 février dernier.
« Les pages consacrées au James Bond de la goutte s’appuient exclusivement sur le volumineux dossier de presse qui l’a concerné pendant plus d’un quart de siècle », explique l’auteur.

 

 

Jérôme Garcin
dans le Nouvel Observateur - 8 avril 2010

Décidément, les éditeurs d’Alençon (Orne) ont la poisse. Pour avoir publié Les Fleurs du mal, Auguste Poulet-Malassis, qui aimait les auteurs marginaux et les textes licencieux, fut condamné par la justice. Après quoi, couvert de dettes, il tâta de la prison et s’exila en Belgique. On ne souhaite pas un tel sort à un autre Alençonnais, Pierre-Marie Gautier, patron des modestes Éditions de l’Ornal, qui est menacé - le procès en appel aura lieu le 27 avril, à Caen - de devoir retirer de la vente un roman paru en 2009, Normandie connexion (10 euros). L’auteur, Marie-France Comte, véritable taupe du Bocage, y décrit, de manière cocasse, la filière clandestine du calva, la distillation frauduleuse, le trafic de bonbonnes. Bref, une économie souterraine qui fit les beaux jours du pays des pommes et des poires, où les bouilleurs de cru tenaient des “Tontons flingueurs” s’arsouillant dans la cuisine et lâchant un mémorable  “Faut reconnaître, c’est du brutal !” Un personnage haut en couleur s’est reconnu dans ce roman, où il apparaît sous le nom de Ducourt, c’est Pierre Dubourg, ouvrier agricole et trafiquant notoire, condamné quinze fois entre 1964 et 1987. Ses actions d’éclat lui valurent le surnom de “James Bond de la goutte”. Pour semer les gabelous, il avait en effet bricolé une DS, qui contenait 500 litres dans les ailes, avait des plaques minéralogiques pivotantes, des phares arrière aveuglants, diffusait de la fumée noire, pulvérisait de l’huile et projetait des clous sur les vicinales. N’ayant guère apprécié d’être présenté en caïd du tord-boyaux, le doigt sur la gâchette, il demande réparation. C’est assez ubuesque de voir un malfrat du calva en appeler à la justice, un passeur de gnôle exiger qu’on interdise la circulation bocagère d’un roman alcoolisé. Le seul procès que M. Dubourg pourrait faire à Mme Comte est de lui avoir consacré quatorze petites pages, alors que son histoire mériterait un livre entier. Michel Audiard, reviens !

 

 

Journal Ouest-France - mercredi 28 avril 2010

Le James Bond de la goutte fixé en juin
L’Ornais Pierre Dubourg a fait appel pour interdire le livre
Normandie connexion. L’audience avait lieu hier à Caen

L’Ornais Pierre Dubourg, 70 ans, a connu la gloire et les condamnations entre 1964 et 1987. Et comme le calva qu’il a habilement distillé sous le surnom de “James Bond” de la goutte, il aimerait vieillir tranquille. Dénonçant une atteinte à l’honneur et à l’intimité de la vie privée, il a demandé le retrait de la vente du livre Normandie Connexion. L’auteur Marie-France Comte consacre quelques pages à un certain... Ducourt et à ses “exploits” au volant d’une DS customisée.

Débouté et condamné à 750 € de frais, Pierre Dubourg a fait appel. Mais le énième rebondissement de ses aventures est un peu tombé à plat, hier, à Caen. Pierre Dubourg et son avocat absents à l’audience comme cela est courant en cas de procédure écrite, l’ultime confrontation n’a pas eu lieu.

 

Du Audiard
Maître Lefèvre, avocat de l’auteur et de l’éditeur l’Ornal, rappelle que l’histoire a été romancée à partir de comptes rendus judiciaires et d’articles de presse. Citant une jurisprudence de la Cour de cassation de 1990, il fait valoir que “des faits relatés licitement dans des débats judiciaires échappent à la vie privée”. Quant à l’atteinte à l’honneur, l’avocat évoque un reportage télévisé où Pierre Dubourg présente les lieux et les archives de son activité clandestine “avec une certaine fierté”. Une ambivalence qui pose question.
La décision a été mise en délibéré au 8 juin.

Depuis février 2009, 6 000 exemplaires du livre ont été écoulés. Et les demandes affluent d’au-delà des frontières normandes. Jérôme Garcin a même consacré un récent billet à l’affaire dans le Nouvel Observateur. Pour lui, cette épopée du tord-boyaux est digne des Tontons flingueurs et de Michel Audiard : “Le seul procès que M. Dubourg pourrait faire à Mme Comte est de lui avoir consacré quatorze petites pages alors que son histoire mériterait un livre entier”.
                                                                                     Sébastien Bréteau

 

 

Dans la semaine d’Agathe du journal L'Orne Hebdo - 17 novembre 2009
Abus ?

Auteur du roman-récit Normandie connexion évoquant le trafic du calva, l’Alençonnaise Marie-France Comte a été poursuivie par Pierre Dubourg, le “James Bond du calva”, pour... atteinte à la vie privée.
Curieusement, le procès a eu lieu à Lisieux alors que ledit Dubourg habite du côté de Putanges. Ce dernier a été “gentiment” débouté.
Mais il fait appel du jugement...
Sans porter de jugement, on posera une question : n’y aurait-il pas recours abusif à la justice ?

 

Le «James Bond» du calva débouté en appel
La cour d'appel de Caen vient de débouter, ce 8 juin 2010  Pierre Dubourg, le James Bond du Calva. Il avait tenté de faire interdire le livre de Marie-France Comte Normandie Connexion. Il estimait que certains passages du livre le diffamaient et constituaient une atteinte à sa vie privée. Débouté en première instance par le tribunal de grande instance de Lisieux, Pierre Dubourg n'a pas obtenu gain de cause. La cour d'appel a répondu que «les demandes pour faits de diffamation et les griefs d'atteinte à la vie privée n'étaient pas recevables».
                                                                         Ouest-France - 8 juin 2010

 

Ouest-France - 20 novembre 2009
Rubrique La Normandie en bref (page 6)

Le “James Bond de la goutte” a fait appel.
Trafiquant notoire de calvados dans les années 60, l’Ornais Pierre Dubourg n’a pas apprécié que sa vie soit évoquée dans Normandie connexion, une enquête écrite sous la forme d’un roman par Marie-France Comte, paru aux éditions de l’Ornal en février. Il a entamé une action en référé auprès du tribunal de Lisieux où il réclamait le retrait de l’ouvrage, au motif d’atteinte à la vie privée. Débouté le 15 octobre, il porte l’affaire cette fois devant la cour d’appel de Caen. L’auteur, comme l’éditeur, rappellent qu’en première instance Pierre Dubourg avait été condamné à leur verser 750 € au titre des frais.
En attendant, l’ouvrage qui permet de redécouvrir une réalité bien connue dans le bocage normand, se vend au-delà de la Normandie.

 

La presse en parle

 

Marie-France Comte
Normandie connexion - le trafic du Calva, qui rencontre toujours un grand succès populaire, a fait l’objet d’un documentaire produit par l’INA et France-Télévision, dans la série Polars en Normandie, diffusé en juin 2013 sur FR3 Normandie.
Diffusion nationale en août 2013.

 


                                             Ouest-France - 7-8 mars 2009 - Béatrice Limon

Un pavé dans la mare du calva normand
L’Alençonnaise Marie-France Comte, directrice du service animation de la ville d’Alençon depuis 28 ans, est l’auteur de plusieurs livres. Son dernier ouvrage est une enquête romancée sur le trafic du calva. Le livre est 100 % ornais puisque, écrit par une ornaise, au moins d’adoption, est publié aux édition de l’Ornal (Alençon), et imprimé à Lonrai chez Normandie Roto Impression.
Avec Normandie connexion, Marie-France Comte signe un roman en forme d’enquête sur le trafic du cru. Passionnant.
Ça se passe à l’époque où, dans les bistrots de Normandie, la serveuse versait systématiquement un coup de calva dans le café. Au temps où l’on croisait encore, sur les petites routes, des bouilleurs de cru tractant leur alambic de ferme en ferme.
Pour évoquer les grandes heures du trafic du calva, une Alençonnaise, Marie-France Comte, a interrogé les souvenirs de la brigade spéciale chargée de traquer les contrevenants. Et, gagnant la confiance d’anciens fraudeurs, elle est parvenue à leur faire raconter de savoureuses anecdotes.
“Ils ont compris que je n’allais pas les trahir.” Se félicitant de n’être pas journaliste, elle a recueilli de vieux secrets de famille que toute une génération de Normands a, en fait, envie de transmettre. “Il y a, dans les mentalités françaises, une certaine fierté à enfreindre la loi.”

Nuits de traque
Des trafiquants racontent comment ils contournaient les barrages, comment ils déjouaient les pièges des enquêteurs. Et les enquêteurs eux-mêmes ne rechignent pas à évoquer les longues nuits de traque. Gelés derrière des haies, transis sous la pluie, englués dans des marécages, les limiers savaient repérer le calva à l’odeur.
Tous les noms sont transformés, car les acteurs de cette épopée sont, pour la plupart, encore vivants. “L’affaire de l’alambic clandestin, par exemple, n’est pas encore réglée : on ne sait pas qui a “donné” la grotte dans laquelle il fonctionnait...” Et, de toute évidence, le trafic continue.
Mais au fil des pages, Marie-France Comte évoque aussi de vraies figures historiques. L’arrestation du “James Bond de la goutte” rappellera bien des souvenirs. Sa DS trafiquée, plaques d’immatriculation pivotantes, jets d’huile anti-motards, est un personnage en soi.
Les enquêteurs interrogés révèlent aussi comment, dans les années 70, le Milieu a tenté sans succès de s’implanter en Normandie. “James Bond”, marginal et spectaculaire, trafiquait du pastis : “Les fraudeurs locaux n’ont jamais accepté...”

 

 

                                                       Ouest-France (Domfront) - 16 mars 2009

Marie-France Comte est venue samedi à la librairie “Les Temps modernes” dédicacer son livre Normandie connexion qui vient de paraître aux éditions de l’Ornal. Pourquoi ce livre ? “La Normandie est très diverse. Je voulais trouver un prétexte pour parler du bocage. Le calva en est un large symbole.” Pour pénétrer le milieu, Marie-France Comte a su respecter ses hommes et leur faire confiance. “Plusieurs années ont été nécessaires pour la conception de l’ouvrage. Dans ce terroir bien trempé, les hommes ont aussi le sens de l’honneur. La discrétion se cultive et gare à tous ceux qui cherchent à enfreindre ces règles.”
Normandie connexion - ou le trafic du calva, de Marie-France Comte, a vu passer de nombreux visiteurs et acheteurs, samedi, lors de la dédicace.

 


                                                       L’Orne combattante - jeudi 19 mars 2009
John, journaliste, travaille pour un magazine new-yorkais. Il planche sur un article consacré aux alcools dans le monde et compte sur “la Frenchie”, une amie installée en Normandie, pour se documenter.
Par ignorance, il assimile le calvados à un whisky français et établit un rapprochement entre la “prohibition” et le commerce illicite de la goutte.
Bien malgré elle, la “Frenchie” s’engage dans une enquête qui la mènera, de surprise en surprise, au cœur de la filière normande. Elle réalise que ce terroir, qu’elle croyait connaître, recèle de lourds secrets et protège une économie souterraine qui défie l’État et brasse des millions contre des litres d’alcool dénaturé.
Elle sympathise avec les héros, des hommes que tout oppose. L’un Louis Savignard, fonctionnaire exemplaire, s’est appliqué à faire respecter la loi; l’autre Louis Giroud, a passé sa vie à la contourner, moins par goût du gain que pour donner du piquant à sa vie.
Une galerie de portraits d’hommes authentiques, au caractère bien trempé, qui se livrent à une partie de cache-cache, de gendarmes-voleurs, bien réelle.
C’est dans le Domfrontais, mais aussi dans les territoires proches de la Manche, du Calvados et de la Mayenne, que la filière normande trouve ses racines, loin des “planches deauvillaises”, dans le Bocage, où l’on cultive la discrétion, où l’on prend prétexte du vent pour s’abriter derrière les haies, alors qu’on veut simplement échapper aux regards de ses voisins.
Avec cette enquête inédite dans le milieu du trafic du calvados, Marie-France Comte signe son 7e livre.

 


                  L’Outil de l’actualité culturelle - Normandie-Maine - printemps 2009

Ce roman démarre par une commande : un ami américain de la narratrice souhaite intégrer un à article sur la prohibition un parallèle avec les fraudeurs légendaires de la filière normande du “whisky français”. Des vapeurs des bouges de la Nouvelle-Orléans que cette demande évoque à l’obligée enquêtrice, aux effluves perçues par les nez aiguisés des fins limiers du bocage, le roman de Marie-France Comte nous plonge dans bien des secrets de famille et au fin fond des mystères de nos campagnes. La plupart des faits ici romancée et rapportés sont exacts, grâce à des témoignages, et à des recherches menées dans les archives des douanes. Filatures, vieilles DS qui forcent les barrages, nous voici dans l’univers des Incorruptibles du bocage et c’est aussi pour l’auteur de belles occasions pour tirer le portrait d’une société rurale entre les années 60-80 avec ses personnages hauts en couleurs. Nos petits et grands “Capone du terroir” ont trouvé là une bien belle complice pour leur porter témoignage. Un ouvrage à savourer et qui se lit malgré tout d’une traite, comme un polar, comme un breuvage corsé qu’on avalerait cul-sec !

 

                                                            Ouest-France Argentan - 20 avril 2009

Marie-France Comte fait le plein d’anecdotes

Son livre connaît un vif succès. Marie-France Comte a présenté son roman sur le trafic du calvados Normandie connexion à la librairie Hervieu samedi après-midi. “A chaque fois, ce qui est intéressant, ce sont les témoignages des lecteurs. Il y a beaucoup d’anecdotes, la personne qui a acheté une deux chevaux possédant un double fond pour cacher les bouteilles d’alcool, l’un des garagistes ayant réparé la fameuse DS...” En fait, c’était le but. “Je voulais que ce livre soit l’occasion pour toutes ces personnes ayant été plus ou moins impliquées d’en parler aux nouvelles générations.” L’auteur a su écouter et respecter ses interlocuteurs pour l’écriture du roman, désormais ce sont les lecteurs, parfois émus, qui lui en parlent.

 

 

                                                                       Le Publicateur - 30 avril 2009
Enquête dans le Bocage - Calva : au cœur du trafic

Rencontre : Marie-France Comte est entrée dans l’univers du trafic du Calvados
“Le Calva, ce n’est pas la mafia”

Dans l’univers des producteurs illicites de Calva, Marie-France Comte signe un roman sur un visage du Passais, du Domfrontais, du Bocage. Celui des alambics clandestins. Témoignages et anecdotes de producteurs et de gendarmes de la brigade Calva entraînent le lecteur dans un univers dont tout le monde parle, mais que personne ne connaît. Sauf ceux qui y étaient.

Pourquoi avoir construit votre livre comme un roman ?
J’ai souhaité mettre le mot roman pour plusieurs raisons. C’est un sujet tabou encore aujourd’hui; dès la parution j’ai eu plusieurs menaces. J’avais écrit une première version que je trouvais trop proche de l’essai. J’ai préféré faire entrer le lecteur dans un univers, même si cela s’écarte un peu du fait. Mais tous les faits cités sont très proches des personnes que j’ai rencontrées. C’est un travail de plusieurs années. Je savais que ce livre susciterait de nombreuses réactions.

Des menaces ?
J’ai dû faire très attention. Il y a des affaires qui n’ont jamais été résolues, comme celle de l’alambic clandestin que je narre dans le roman. Il fallait faire attention aux recoupements... C’est l’histoire du terroir du Passais... Je ne voulais pas en parler en négatif mais aussi montrer l’aspect humain. Quand un père n’avait pas de quoi nourrir sa famille, il sacrifiait sa production de calva personnelle. J’ai été frappée parce que je n’imaginais pas qu’on pouvait être passeur de Calva pendant 40 ans...

Des histoires humaines - Vous parlez beaucoup des producteurs, peu des consommateurs ?
La consommation ? Je l’évoque un peu car je dis où va ce Calva. Il a trouvé des débouchés car cela correspond à la période où l’on a industrialisé la France. Le monde rural est parti travailler à la grande ville...

Des quantités astronomiques partent du bocage ?
Les quantités sont énormes. Je peux assurer la véracité des chiffres cités. Tout a été vérifié. A Sept-Forges, il y avait trois fermes sur la colline, elles produisaient 30.000 litres par an. Chaque ferme avait facilement 700-800 arbres. Aujourd’hui c’est différent, beaucoup de pommiers ont été arrachés.

Ce sont des affaires du passé ?
Dans des succession de personnes de 80-90 ans, il y a des stocks de Calva, ce qui donne des situations assez rocambolesques. Lors de dédicaces, des anciens producteurs m’ont demandé des signatures et raconté leur histoire. Il y a la génération qui l’a vraiment pratiqué, la suivante qui sentait ce qui se passait, et celle d’aujourd’hui qui ne l’a pas connu.

En titrant Normandie connexion, vous faites allusion à une mafia ?
Ce n’est pas la mafia dans le Calva. La mafia a tenté de venir notamment celle du pastis comme je le raconte dans le livre, mais la réponse a été “pas de cela chez nous”. Dans le Calva il y a un certain code de l’honneur. Ils traficotent. Ils se font prendre. Ils paient.

Avez-vous pu approcher le trafic d’aujourd’hui ? Comment est-il géré par les autorités ?
Aujourd’hui, ce sont les douanes qui sont en charge de cela. La brigade a été plus ou moins démantelée dans les années 1990. De l’avis des gens qui trafiquent, ils trouvent que ces personnes sont moins compréhensives. Ils n’ont pas la connaissance du terroir, ils appliquent la loi, c’est tout.
Propos recueillis par Marie Benoit.

 

                                                                 L’Orne Combattante - 30 avril 2009

Goutte à goutte connexion
Le 22 avril Marie-France Comte était en séance de dédicaces à la librairie Autrement Dit (Flers), pour son dernier ouvrage Normandie connexion.
Marie-France Comte n’en est pas à son coup d’essai avec déjà un brillant passé de six autres livres d’investigation. Avec Normandie connexion, l’alcool est au centre du roman. Un livre traitant du trafic de goutte, il fallait oser le faire. Et elle l’a fait, derrière ses lunettes, un regard pétillant et malicieux, qui en dit long sur le sujet.
Bien malgré elle, Marie-France Comte s’engage dans une enquête qui la mènera, de surprise en surprise, au cœur de la filière normande. Elle réalise que ce terroir qu’elle croyait connaître, recèle de lourds secrets et protège une économie souterraine qui défie l’État et brasse des millions contre des litres d’alcool dénaturé. Elle sympathise avec les héros, visite des producteurs, des hommes que tout oppose.
Elle s’aperçoit que dans cette Normandie où elle vit depuis 28 ans, que cette région est dédiée à la distillation clandestine d’eau-de-vie ! curé comme gendarmes se bouchent le nez et ferment les yeux. Rien ne se perd, tout se transforme et tout se consomme et le pommier gouverne comme un roi.
Bien vite, elle se trouve confrontée à un élément qu’elle n’a pas pris en compte : la culture de l’alcool, la place de la goutte, du Calva, dans la vie quotidienne des habitants du coin, fussent-ils parfois des enfants.

 

                                                                 Alençon Magazine - mai-juin 2009

L’Alençonnaise d’adoption Marie-France Comte nous dévoile dans son dernier livre les dessous d’un trafic local, celui du Calvados. L’ouvrage nous révèle comment les enquêteurs traquaient les bouilleurs de crus, dans des temps qui ne sont pas si reculés. Dans un pays du Bocage à les haies ne servent pas seulement à se couper du vent, mais aussi à se protéger du regard des autres, les trafiquants ont connu de grandes heures, et ne sont apparemment pas tout à fait rangés, car comme le dit l’auteure “c’est toujours une réalité, moindre, mais ça continue”. Sans être une fable, cette pratique a toujours des accents de folklore, tout en étant une véritable économie, tout à fait organisée. Enquêteurs et fraudeurs se sont confiés, car tout en maquillant les noms utilisés dans ce polar du terroir, les faits sont bien souvent réels, du vécu, du pur jus ! Ce livre sous format de roman-enquête vous conduira du Calvados à la Mayenne, en passant par la Manche et l’Orne… Une autre façon de découvrir le territoire et son histoire.

 

                                            Dans la semaine d’Agathe du 17 novembre 2009
Abus ?

Auteur du roman-récit “Normandie connexion” évoquant le trafic du calva, l’Alençonnaise Marie-France Comte a été poursuivie par Pierre Dubourg, le “James Bond du calva”, pour... atteinte à la vie privée.
Curieusement, le procès a eu lieu à Lisieux alors que ledit Dubourg habite du côté de Putanges. Ce dernier a été “gentiment” débouté.
Mais il fait appel du jugement...
Sans porter de jugement, on posera une question : n’y aurait-il pas recours abusif à la justice ?

 

                                                             Ouest-France du 20 novembre 2009

Le “James Bond de la goutte” a fait appel
Trafiquant notoire de calvados dans les années 60, l’Ornais Pierre Dubourg n’a pas apprécié que sa vie soit évoquée dans Normandie connexion, une enquête écrite sous la forme d’un roman par Marie-France Comte, paru aux éditions de l’Ornal en février. Il a entamé une action en référé auprès du tribunal de Lisieux où il réclamait le retrait de l’ouvrage, au motif d’atteinte à la vie privée. Débouté le 15 octobre, il porte l’affaire cette fois devant la cour d’appel de Caen. L’auteur, comme l’éditeur, rappellent qu’en première instance Pierre Dubourg avait été condamné à leur verser 750 € au titre des frais.
En attendant, l’ouvrage qui permet de redécouvrir une réalité bien connue dans le bocage normand, se vend au-delà de la Normandie.

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© DE L'ORNAL EDITIONS